Qui sommes-nous ?

Yvan Figon

Je suis né à Pérols en 1934 et n’en suis parti que pendant deux ans pour jouer au soldat, sans l’avoir souhaité, je ne suis donc pas un perdreau de l’année.
Au long de ma vie beaucoup de choses m’ont poursuivi, notamment les études, mais elles ne m’ont pas rattrapé, je courais plus vite qu’elles pieds nus dans les marais ;
Pérols avait 900 habitants quand je suis né, maintenant nous sommes presque 9000. Ce village se trouve à huit kilomètres de Montpellier et à trois kilomètres de la Méditerranée, au bord d’un étang. Mon étang (il n’est pas à moi, mais c’est tout comme) s’allonge en face de ma maison sur plus de dix kilomètres. Avec les canaux du Midi et du Rhône à Sète il sert de décor à mon dernier roman.
Les marais qui l’entourent sont pleins de cris, de frôlements et de mystères lorsqu’on écoute se coucher le soleil ; oui, parce qu’il faut dire qu’au coucher du soleil tout le monde voit le soleil disparaître, mais pour goûter le charme d’un crépuscule il vaut mieux écouter que voir. Dans un abri de fortune, le petit bateau de chasse dissimulé dans les roseaux du bord, on a le sentiment d’être seul au monde et pourtant lui appartenir, tellement tous ces sons, tous ces bruits rattachent à la vie.
Aujourd’hui, il fait gris et l’étang vient mourir nonchalamment contre la rive, poussé par une petite brise de l’Est.
Étang de l’Or, le 9 novembre 2014.



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Ainsi vont les étangs, ainsi va le Canal

Ainsi vont les étangs, ainsi va le Canal